Tous les articles
Conversion3 min de lecture

Retour gratuit ou payant : ce que la marge dit vraiment

La gratuité du retour augmente la conversion et le taux de retour en même temps. Comment savoir de quel côté penche le solde pour votre catalogue, sans se fier aux moyennes du secteur.

Équipe Fastoche ·

Une personne calcule des données financières à l'aide d'une calculatrice et d'un document, travaillant à un bureau.

Une question à laquelle les moyennes ne répondent pas

On lit partout que le retour gratuit est devenu un standard, et ailleurs qu'il ruine les marges. Les deux affirmations sont vraies, pour des catalogues différents.

Le calcul n'est pas compliqué. Il demande quatre chiffres que vous avez déjà, et il donne une réponse propre à votre situation.

Les quatre chiffres

La marge brute unitaire sur un article moyen, en euros et non en pourcentage.

Le coût complet d'un retour : transport retour, réception, contrôle, remise en stock, plus la décote éventuelle si l'article ne repart pas au prix plein. C'est le chiffre le plus souvent sous-estimé, parce qu'on ne compte que le transport.

Le taux de retour actuel, sur le périmètre concerné.

L'effet attendu sur la conversion. C'est le seul chiffre qu'il faut estimer, et la seule façon honnête de l'obtenir est de le tester.

Poser l'équation

Rendre le retour gratuit produit deux effets opposés.

Côté positif : plus de commandes. Le gain est le nombre de commandes supplémentaires multiplié par la marge unitaire.

Côté négatif : plus de retours, et chaque retour coûte désormais son transport en plus. La perte est double — le surcroît de retours sur le volume existant, et les retours engendrés par les nouvelles commandes.

La gratuité est gagnante quand le gain de conversion, valorisé en marge, dépasse le surcoût des retours supplémentaires. Rien de plus.

Pourquoi la marge unitaire décide de presque tout

Un article à quatre-vingts euros de marge absorbe sans difficulté six euros de transport retour, même avec un taux de retour élevé. Un article à sept euros de marge ne l'absorbe pas : un retour sur cinq suffit à effacer le bénéfice de cinq ventes.

C'est pourquoi la même décision est évidente dans un sens pour le mobilier haut de gamme et dans l'autre pour les accessoires à petit prix — et pourquoi appliquer une règle uniforme à un catalogue hétérogène est presque toujours une erreur.

Les options intermédiaires sont sous-utilisées

Entre « gratuit pour tous » et « payant pour tous », plusieurs positions tiennent bien.

Gratuit au-dessus d'un seuil de panier. Aligne le coût sur la marge disponible et pousse mécaniquement le panier moyen vers le haut.

Gratuit en échange, payant en remboursement. Oriente vers la solution qui préserve le chiffre d'affaires, sans jamais empêcher le remboursement — qui reste un droit.

Gratuit selon le motif. Un produit défectueux ou une erreur de préparation ne doivent jamais être facturés au client : c'est votre erreur. Un changement d'avis peut l'être. Cette distinction est bien comprise et rarement contestée.

Gratuit par catégorie. Simple à expliquer si le découpage est lisible, illisible s'il demande un tableau.

Ce qui est réellement interdit

Un point de droit à ne pas manquer : les frais de retour peuvent rester à la charge du consommateur, mais seulement s'il en a été informé avant la commande. Une information glissée dans les conditions générales après validation du panier ne remplit pas cette condition, et les frais deviennent à votre charge.

Et dans tous les cas, les frais de livraison aller doivent être remboursés, gratuité du retour ou non.

Tester plutôt que trancher

L'effet sur la conversion est le seul terme incertain de l'équation, et c'est celui sur lequel les moyennes sectorielles sont le moins transposables.

Un test sur une catégorie, pendant six semaines, donne une réponse solide. Deux précautions : mesurer les retours de la période de test sur la cohorte concernée et non sur le mois calendaire, et attendre que la fenêtre de retour soit écoulée avant de conclure. Beaucoup de tests sont interprétés trop tôt, quand la conversion a déjà bougé et que les retours ne sont pas encore rentrés — ils concluent toujours en faveur de la gratuité, et se trompent une fois sur deux.

À lire aussi